"Ici on lave le linge et on salit le monde..."
Dicton populaire des lavoirs de France
Séance de lessive traditionnelle vers 1850.
Un Labeur Éprouvant
Le métier de lavandière était d'une rudesse extrême. Par tous les temps, les mains plongées dans l'eau glacée, ces femmes devaient frotter, tordre et battre le linge lourd gorgé d'eau, souvent agenouillées pendant des heures.
La "buée" (la grande lessive) n'était pas une mince affaire. Elle s'étalait souvent sur plusieurs jours, commençant par le coulage avec les cendres de bois à la maison, avant de se terminer par le rinçage et le battage à la force des bras au lavoir communal.
Le Carrosse
Une petite caisse en bois garnie de paille ou de chiffons pour protéger les genoux de la pierre dure et humide.
Le Battoir
Une solide palette de bois dur utilisée pour frapper le linge mouillé et en expulser l'eau sale.
Le Cendrier
Un grand drap sur lequel on versait de la cendre de bois (riche en potasse), l'ancêtre naturel de notre lessive moderne.
Le Forum des Femmes
Malgré la difficulté du labeur, le lavoir était un événement social majeur. Il était souvent le seul endroit de l'espace public réservé exclusivement aux femmes.
C'était un véritable forum de la vie locale. À l'abri des oreilles masculines, la parole se libérait. On y échangeait les dernières nouvelles du village, on s'y entraidait, on y chantait pour se donner du courage. Les joies, les peines et les secrets de tout le village finissaient toujours par résonner entre ces murs.
Aujourd'hui, le silence a remplacé le tumulte.
L'eau coule sans plus jamais rencontrer le linge ni les mains rougies par le froid.